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Pape Ndiaye Souaré

 

 

L’international sénégalais Pape Ndiaye Souaré a attrait en justice un entrepreneur du nom d’Ameth Ndiaye à qui il avait confié la construction d’un immeuble. Ce dernier, jugé hier pour abus de confiance, encourt une peine de six mois ferme et le remboursement d’une somme de 20 millions de francs CFA.  

 

Entre le footballeur Pape Ndiaye Souaré et le technicien en bâtiment  Ameth Ndiaye existait un contrat de confiance définitivement rompu. Puisque celui-ci s’est transformé en abus de confiance. Car, l’entrepreneur n’a su respecter ses engagements vis-à-vis de l’international sénégalais qui lui avait confié la construction de son immeuble R+3. L’entrepreneur ne l’a pas livré à date échue. Ainsi, depuis septembre 2016, l’international sénégalais court toujours derrière sa maison. C’est la raison pour laquelle il a traîné en justice le sieur Ndiaye qui a été attrait hier, devant le tribunal de grande instance de Dakar statuant en matière de flagrants délits. Mais seul le prévenu, incarcéré depuis le 12 avril dernier, a comparu. La partie civile était absente.

Cependant, il résulte de la plainte qu’il a déposée par l’entremise de son cousin Mame Soughane Diouf, que le footballeur a, courant 2013, acheté une parcelle de 150 m² à extraire dans le Titre foncier n°5 757/Dg, sis à Ngor. En 2015, il a confié le chantier à Ameth Ndiaye qu’il avait connu quatre ans auparavant par l’entremise d’un cousin. Si au début Pape Ndiaye Souaré envisageait un immeuble R+7 à usage commercial et de bureaux, il a dû renoncer sur conseil du maître d’ouvrage qui lui a suggéré de construire plutôt un R+3 à usage d’habitation. Ainsi, les deux hommes ont conclu à un coût initial de 95 millions de francs CFA. Ce montant est finalement passé à 103 millions, car la partie civile voulait que la piscine soit maintenant installée sur la terrasse et non au rez-de-chaussée. Après avoir défini tous les contours du contrat, Ameth Ndiaye s’était engagé à livrer le chantier, en septembre 2016. Mais à la date échue, il restait encore des travaux de finition et il a demandé un nouveau délai allant jusqu’au 20 décembre 2016.

Seulement, raconte le représentant du plaignant, entre-temps, Pape Ndiaye Souaré est venu en vacances et les travaux n’avaient pas encore repris. Lorsqu’il a interpellé le prévenu sur le retard, celui-ci a évoqué des difficultés d’argent. A cet effet, la partie civile lui a prêté 10 millions pour continuer les travaux. D’après toujours le plaignant, le prévenu a également réclamé à son cousin la somme de 20 millions pour l’achat de meubles en Chine, tout en s’engageant à livrer le chantier au plus tard le 2 février 2017. Justement, c’est ce supplément de 20 millions qui est à l’origine du litige. Car le chantier n’est pas encore achevé et les meubles ne sont toujours pas livrés.

 

Le prévenu se dit victime d’escroquerie

Hier, Ameth Ndiaye s’est réfugié derrière une escroquerie dont il serait victime. A l’en croire, il avait tout acheté. Que le nommé Khabane Ndiaye, qui l’avait accueilli en Chine, s’était chargé de convoyer la marchandise, mais, ce dernier avait fondu dans la nature. Pour se disculper, il a déclaré avoir même porté plainte à la brigade de Thiong. Sur le non-achèvement des travaux, le prévenu l’a imputé à la partie civile. ‘’Le chantier est à 90% de livraison. Il ne reste que la menuiserie et l’appareillage. J’ai dû même préfinancer le chantier, car Pape Ndiaye Souaré a versé l’argent en 12 acomptes et il me les remettait tardivement’’, a soutenu le prévenu. Mais, pour Me Sayba Danfakha, l’entrepreneur n’a pas respecté les termes du contrat de mandat. ‘’Il lui a fait croire qu’il est architecte, or c’est faux. Tout le monde sait que la partie la plus coûteuse d’un bâtiment, ce sont les finitions. Il y a juste un bâtiment carrelé et il avait fait croire que les meubles sont arrivés’’, a martelé Me Moussa Sarr.

L’avocat a ajouté que le prévenu n’a pas fourni de preuves attestant qu’il s’est rendu en Chine pour acheter les meubles. Pis, il a soutenu qu’Ameth Ndiaye doit être poursuivi pour usurpation de fonction, car il s’est présenté comme architecte. Pour le préjudice, il a réclamé des dommages et intérêts d’un montant de 20 millions. Le parquet a abondé dans le même sens que les conseils de la partie civile, en soutenant que  l’abus confiance est établi. ‘’L’environnement du dossier prouve la mauvaise fois du prévenu’’, a fulminé le maître des poursuites, avant de requérir une peine ferme de 6 mois.

Mes Djiby Diagne, Babacar Ndiaye et Abdou Dialy ont plaidé l’existence d’un contrat d’entreprise. Ce qui écarte, à leurs yeux, le délit d’abus de confiance. Ainsi, ils ont plaidé la relaxe pure et simple ou à défaut une application bienveillante de la loi. Leur confrère Me Ciré Clédor Ly a demandé la relaxe pure et simple. Il estime que les faits ne sont pas établis. Il en veut pour preuve le fait que la partie ait fait état, dans sa plainte, d’un préjudice de 133 millions, avant de réclamer 20 millions à la barre. Délibéré 27 avril.  

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