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Expulsés de USA

 

 

Reconduits au Sénégal le 5 mars 2017 par l’immigration américaine, les migrants ont organisé une conférence de presse hier pour poser les exigences de leur réinsertion.

 

Les 130 refoulés des Etats-Unis reviennent à la charge. Cette fois-ci, c’est pour demander la démission du ministre des Affaires étrangères et du Consul général du Sénégal à New-York qu’ils accusent d’être la cause de tous leurs déconvenues. Le porte-parole du collectif, Ousseynou Sadio, prédit même une solution extrême si leurs doléances ne sont pas réglées dans les plus brefs délais par le président de la République Macky Sall qu’il interpelle directement.

‘‘Qu’il nous reçoive en audience et qu’il règle cette affaire de compensation. C’est 25 000 dollars soit plus de 15 millions de F CFA. Autrement, nous allons nous immoler par le feu devant les grilles du Palais un par un. Qu’il interdise la vente d’essence dans des bouteilles ne sert à rien puisque nous avons déjà stocké notre propre carburant’’, déclare-t-il en brandissant une boîte d’allumettes, dans une harangue qui met en ébullition la petite salle de réunion d’Amnesty International Sénégal où se tenait la conférence de presse. Elle s’est d’ailleurs terminée par le blocus de la route de Sacré-Cœur. Une solution moins radicale que l’autodafé collectif est également mise sur la table des autorités à savoir ‘‘la perturbation de la tenue des Législatives, ou le cas contraire, un vote-sanction contre les listes du parti au pouvoir’’, poursuit-il.

Entouré du sociologue Pr Malick Ndiaye et du président d’Horizon Sans Frontières Boubacar Sèye, ces personnes expulsées des USA ont demandé réparation pour leur sortie forcée du pays de l’Oncle Sam. Une reconduction au Sénégal dont les principaux mis en cause en ont pris pour leur grade. ‘‘Le ministre des Affaires étrangères n’avait qu’à ne pas s’en mêler puisqu’il a déclaré qu’on était des sans-papiers. Les Américains ne nous auraient jamais refoulés dans ce cas. Les Burkinabè avec lesquels on a fait la filière sud-américaine jusqu’aux USA y sont toujours. Pourquoi nous avoir sacrifiés ?’’ dénonce Sadio en précisant que malgré toutes les dénégations, les services consulaires sénégalais et leur hiérarchie ont signé un accord de rapatriement. ‘‘L’Etat sénégalais est responsable de notre rapatriement à 200%. Toutes les nationalités qui sont au centre de détention y entrent clandestinement et ne sont pas rapatriés. Nos autorités ont signé, c’est pour cela que nous sommes ici’’, renchérit son suivant, Alioune Mbaye. ‘‘Les Sénégalais restés là-bas risquent de se faire éconduire sous le prétexte le plus fallacieux. On les appelle pour leur faire signer des papiers de régularisation alors qu’en réalité, c’est pour les expulser’’, poursuit-il.

Pour le professeur Malick Ndiaye, il s’agit d’observer un parallélisme de forme sociétal. ‘‘Quand des gens, comme ces braves jeunes, rentrent dans ces conditions et avec insuccès, le Sénégal doit venir les encourager comme cela s’est fait avec les Lions du foot ou avec Abdoulaye Bathily. Qu’on ne les insulte pas ou qu’on les marginalise pas’’, souligne-t-il. Malick Ndiaye  a toutefois tempéré les ardeurs des jeunes et a appelé le président de la République à les recevoir dans la tradition de dialogue du pays.

D’autres rapatriements

La semaine dernière, le Ministère des Affaires étrangères annonçait dans un communiqué de presse qu’un autre convoi de 50 Sénégalais allait incessamment quitter le territoire américain. Pour le président de HSF, c’est un aveu de faiblesse de ‘‘la diplomatie sénégalaise qui n’est pas à la hauteur des enjeux stratégiques’’. Il estime que l’Adn d’un pays comme les USA lui interdit toute politique de rejet et critique la souplesse des autorités sénégalaises. ‘‘La France peut le faire ou l’Espagne, mais les USA ont un statut particulier puisqu’ils ont été bâti par des migrants. Quand on humilie les Sénégalais de l’extérieur, ce sont bizarrement nos propres autorités qui viennent confirmer les dires du pays d’accueil. Si on avait convoqué l’ambassadeur des USA à Dakar pour des explications depuis le premier vol, tout ceci ne serait pas arrivé. Mais nous avons préféré traiter nos propres fils et frères de criminels. D’autres vols vont venir, je vous l’assure’’, conclut-il.

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