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Mahammed Boun Abdallah Dionne

 

Le Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne, a profité hier de son passage à l’Assemblée nationale pour couper court aux rumeurs sur des nébuleuses dans la gestion du pétrole et du gaz sénégalais. Selon le chef du gouvernement, les Sénégalais doivent savoir raison garder et faire confiance au président de la République.

 

L’Assemblée nationale a été l’hôte hier, pour la septième fois, du Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne, dans le cadre des questions d’actualité posées périodiquement au gouvernement. Mais les débats ont été plus centrés sur la question de la gestion du pétrole et du gaz sénégalais. C’est d’ailleurs le premier sujet sur lequel le chef du gouvernement a été interpellé. ‘’Monsieur le Premier ministre, depuis quelque temps, des découvertes de gaz et de pétrole au large de nos côtes alimentent les débats, favorisant ainsi des polémiques marquées de plus en plus par des spéculations et révélations faisant les choux gras de la presse locale. Les intérêts du Sénégal ont-ils été pris en compte dans les différents contrats signés avec les sociétés pétrolières ? Y-a-t-il des mesures prises allant dans le sens de renforcer la formation dans les métiers du pétrole et des mines ?’’ formule la députée Ndèye Fatou Diouf. Réponse du Pm : ‘’Il y a beaucoup de controverses autour du pétrole et du gaz. Mais je demande aux Sénégalais de savoir raison garder et de  faire confiance au président de la République qui définit la politique de la Nation.’’

Le chef du gouvernement relève d’ailleurs que jusqu’ici, une seule goutte de pétrole n’est encore produite au Sénégal encore moins une seule vapeur de gaz. ‘’Au Sénégal, je pensais qu’il n’y a que seul l’entraîneur de l’équipe nationale Aliou Cissé qui était confronté à ce problème dès lors qu’il s’agit de faire des choix. Tout le monde est entraîneur. Mais je me suis trompé. Parce que celui qui a été mandaté par les populations pour définir la politique de la Nation est confronté au même problème’’, persifle-t-il. Avant d’inviter les Sénégalais à laisser le soin au chef de l’Etat de définir la politique de la Nation que le gouvernement va exécuter et aux organes de contrôle, de contrôler les politiques publiques. ‘’Nous avons la même loi que celle qui existe en Mauritanie, au Gabon et ailleurs et qui régit le marché du pétrole. C’est le code pétrolier qui a été voté non par les Présidents Diouf, Wade ou Macky Sall, mais par l’Assemblée nationale’’, déclare Boun Abdallah Dionne.

Revenant sur les contrats signés avec la multinationale française Total, le chef du gouvernement a indiqué que contrairement à ce que les gens disent, le code pétrolier ne prévoit aucun appel d’offres dans la phase d’exploration. A cet égard, il souligne que quand Cairn a découvert un sixième puits de pétrole qui est testé positif, le gouvernement a aussitôt sorti un communiqué pour lui donner le marché. ‘’Les gens disent qu’on a attribué à Total des marchés sans appel d’offres. Cela n’est pas vrai. Le code pétrolier ne prévoit pas d’appel d’offres’’, dément-il nettement. Relevant ainsi que ‘’si un pays n’a pas les moyens de faire des prospections, il doit créer les conditions nécessaires pour permettre à des multinationales qui ont les moyens, d’explorer’’. Et à ce niveau, ‘’il n’y a aucune fiscalité dans la phase d’exploration’’. ‘’500 milliards de F CFA ont été investis dans les recherches sans que rien ne soit trouvé. Tout le Conseil de sécurité des Nations unies est au Sénégal pour explorer le pétrole et le gaz. Les gens parlent des Français, mais les Anglais sont aussi là de même que les Américains, les Chinois et les Russes qui sont récemment venus. Nous sommes ouverts à tous les pays’’, rumine-t-il.

Selon le Pm, après la phase d’exploration, il y aura la phase de production où les intérêts du Sénégal sont préservés par le Code pétrolier. A cet effet, il souligne que la loi prévoit que l’investisseur récupère entre 50 à 75% de ses investissements, selon la zone d’exploration. En cas de découverte, sur le prix de revient, on considérera entre 50 et 75%, selon les conditions de l’exploration. Maintenant pour le reste, il soutient que ‘’le Sénégal détiendra au moins 25% de la production. Et à partir de 100 000 barils par jour, le Sénégal aura plus de 50% malgré le fait qu’il n’ait pas investi dans l’exploration’’. D’ailleurs, Mahammed Dionne a tenu à préciser que ‘’le Sénégal détient d’office 10% des bénéfices générés par le pétrole’’.

‘’Vous allez en Mauritanie, au Gabon ou ailleurs, c’est la même chose. C’est comme cela que marche l’industrie du pétrole. Quand les dividendes sont exportés, il y a des taxes de l’ordre de 10% qui reviennent au Sénégal, c’est dans la loi, et 30% sur les impôts de société. En dehors de tout cela, le Sénégal a systématiquement 10% d’actions gratuites sur toutes les étapes. Ça, c’est le Parlement qui l’a défini. Donc il n’y a rien de nouveau dans ce domaine. C’est pour cela que nous demandons à nos compatriotes de savoir raison garder’’, débite-t-il.

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