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Plusieurs motifs pourraient être brandis par tous les observateurs avertis de la scène politico-médiatique du Sénégal depuis l’avènement du Président Macky Sall à la magistrature suprême, pour argumenter l’absolue nécessité pour l’opposition sénégalaise d’aller vers l’unité.

Nous nous bornerons juste ici, à rafraîchir un peu la mémoire des uns et des autres afin de prouver que les tentions socio-politiques qui ont jalonné le magistère du président de l’APR et non moins chef de l’exécutif devraient être évitées par lui-même. Si l’homme du 25 mars 2012 avait maitrisé son euphorie d’après plébiscite et relégué au second plan les conseils aux allures de règlements de compte à lui prodigués par de vieilles hyènes et de jeunes loups politiques et autres ‘’dames de compagnie’’  mus que par leur boulimie des strapontins, il aurait gouverné ce pays d’une main de maitre  et sortirait par la grande porte.

En effet, suite à la victoire du peuple sur Wade, on fit dire à Macky que le Pape du Sopi était un voleur de véhicules, de tableaux d’art et autres pacotilles qu’il aurait subtilisés du Palais présidentiel avant même la passation de fonction. Pis, Wade fut aussi désigné du doigt quant à des milliards volés du trésor public et il y’eut même un discours catastrophiste consistant à soutenir chez Macky et alliés que les caisses de l’Etat étaient vides au lendemain de la seconde alternance. Dans ce méli-mélo, un autre (…) déclara qu’un certain Karim Wade avait détourné 1000 milliards de FCFA du contribuable sénégalais. ‘’Le plus touché par ces écarts, me disait un ancien ministre est le président Wade mais il ne lui reste que son endurance légendaire pour faire face’’ ; ce que l’opposant d’un quart de siècle a bien réussi.

Seulement, le Secrétaire général du PDS a été atteint dans son orgueil par la gravité de ces accusations et, comme un vieux lion blessé Wade se retire pendant un peu plus de vingt-quatre mois en France puis fit un retour mémorable au pays natal, marqué par un éclatant succès car la popularité de son accueil avait secoué le régime entrant d’alors et les préparatifs de l’arrivée du Pape du Sopi avaient mis la capitale sens dessus dessous. Le leader du Pds, avide de vengeance surtout à l’époque, avait mis tous les atouts de son côté et malmené le pouvoir de son ancien élève devenu subitement l’un de ses plus farouches adversaires. Tous les ingrédients étaient donc réunis pour qu’entre Wade et Macky, les choses aillent de mal en pis.

D’autres actes suivront et l’antagonisme ira crescendo entre le père et le fils spirituel. Pendant plusieurs mois, aucune médiation, aucune tentative de rapprochement entre les deux au moment où le discours se fait de plus en plus guerrier, accentué surtout par les seconds couteaux au niveau des deux camps qui se font face.

La situation se détériore avec l’arrestation fracassante de Karim Wade, fils biologique du président nouvellement déchu. Accusé d’enrichissement illicite à hauteur de presque 800 milliards, il sera poursuivi par la CREI, jugé et condamné à une peine de six ans de prison ferme. La suite se passe de commentaire après les nombreux soutiens de l’opposition, de la société civile et d’infinis citoyens aux Wade ainsi que la forte pression de la communauté internationale, des droit de l’hommistes et de plusieurs familles et chefs religieux. Quoique libéré dans des conditions opaques puis ‘’largué’’ au Qatar depuis, Karim Wade, par les actes qu’il ne cesse de poser à distance, étale de jour en jour son appétit insatiable de régler des comptes à Macky Sall. Jusque-là, les médiateurs les plus téméraires du Sénégal et d’ailleurs semblent écarter toute possibilité de rapprochement des deux fils de Wade. Entre Macky et Karim, on se regarde en chiens de faïence.  Seulement le nouveau pouvoir sous l’impulsion du président Sall est resté droit dans ses bottes et veut faire la ‘’lumière’’ sur l’ancienne gestion des affaires publiques. Il était question comme le promit en campagne le candidat Macky Sall, de la reddition des comptes, de la fin de l’impunité, de la restauration de la démocratie et de l’état de droit dont le glas devait être sonné par la réduction du mandat en cours à l’époque ,de sept  à cinq ans, de l’avènement de la bonne gouvernance et de la transparence dans tous les dossiers qui engagent l’état, du bannissement de la transhumance, du népotisme et du clientélisme politique, du redressement des conditions d’existence de secteurs névralgiques tels que ceux de la santé, de l’éducation, de la justice entre autres. Ainsi, cités par le procureur de la CREI Ousmane Ngom(devenu ami de Macky)se fit cueillir d’un hôtel du Sud du pays et amené dare dare sur Dakar par des éléments lourdement armés de la Brigade d’Intervention Polyvalente alors qu’il était en pleine tournée politique après la levée de son immunité parlementaire. Abdoulaye Baldé, Oumar Sarr et tant d’autres caciques de l’ancien régime subissaient le même sort ainsi que pas mal d’humiliations jusqu’à leur interdiction de sortie du territoire national. Aida Mbodj se fit arracher la Présidence du groupe parlementaire des libéraux pendant plusieurs mois avant d’être tardivement rétablie dans ses droits.

La mort graduelle de la CREI

Chacun affute ses armes et l’attitude des uns face aux autres exaspère les rapports entre les entrants et les sortants dans l’exercice du pouvoir d’état. Malgré tout, le nouveau chef de l’exécutif ne regarde pas dans le rétroviseur comme il aime d’ailleurs à le dire. Sa détermination est sans faille vis-à-vis de la nouvelle opposition. On se tire dessus et les promesses non tenues dans leur majorité diminuent progressivement la force de frappe d’un Macky qui maintient pourtant hautes les bretelles malgré la mort graduelle de la CREI. L’inimitié se densifie et aucun rapprochement ne semble possible. Pendant ce temps, Wade fils est en prison et la vie continue, le nouvel homme fort du Sénégal déroule son pouvoir, tranquillement alors qu’Alioune Ndao est limogé. On met ensuite de l’eau dans son vinaigre et on veut négocier avec Baldé ainsi que toutes les cibles naguère visées par l’ex procureur Ndao. Se poursuivra donc la rupture tant chantée que va couronner la surmédiatisée émergence à l’horizon 2035.

Ecœurés et outrés par les nouvelles manières de faire au sommet, des patriotes comme Ousmane Sonko, brillant Inspecteur des Impôts, montèrent sur leurs grands chevaux pour dénoncer les dérives dans la gestion, arguments et documents en bandoulière. Gêné par des révélations de jour en jour plus fracassantes, l’Etat, poussé jusqu’à ses derniers retranchements comme un malfaiteur cerné par une foule en furie, se saisit du ‘’bâton’’ de son imparable décret et radia de la fonction publique sénégalaise sans autre forme de procès, ce méritant haut fonctionnaire qui fit payer ses impôts à l’Assemblée nationale. Mais le tour était joué et la page Sonko tournée. Depuis, c’est la guerre totale entre lui et le pouvoir après que les ‘’serveurs automatiques d’insultes’’  (permettez le néologisme) avaient fini de l’achever. Là aussi, aucune solution envisageable, aucune médiation possible, les antagonismes montent chaque jour d’un cran. Peu de temps suivra et un rapport accablant de l’OFNAC épinglant des proches du nouveau régime est paru. Madame Nafi Ngom Keita, excellente Inspectrice Générale d’Etat est passée par là ; les scandales révélées secouent l’Etat alors que la bonne dame, au détour d’un point de presse, avait fini de dégager les motifs alarmants pour lesquels elle avait été enfin obligée de passer à l’acte, vilipendant ainsi l’Etat depuis son incarnation. Quelques jours seulement après son ‘’forfait’’, Nafi Ngom Keita est relevée de ses fonctions de Présidente de l’OFNAC. Après ce ‘’coup’’ de fouet sur la tête de cette technocrate, on passa à autre chose et la brave femme entra dans un mutisme qui en dit long sur ses nouveaux rapports avec le pouvoir central.

Dialogue de sourds

Aujourd’hui, deux autres valeureux fils du Sénégal exerçant les fonctions hautement significatives de Maires honorablement élus par leurs populations, croupissent en prison. Pour les raisons de leurs arrestations respectives, les avis sont partagés. L’intervention du nouveau khalife de Tivaouane pour l’un et la maladie de l’autre poussent de plus en plus les Sénégalais à considérer leur incarcération de politicienne. Au même moment, les deux camps se font face par presse interposée et tous les coups sont permis jusqu’à l’interruption surprenante du discours de l’actuel premier ministre par un député proche du maire incarcéré de la capitale. La tension monte et l’adversité s’accentue. Dans toutes ces conditions où le pouvoir a souvent béni l’impopulaire principe du règlement de comptes, de quel dialogue veut-on continuer de nous parler ? D’un dialogue de sourds certainement à moins que nous ne soyons versés dans le cinéma avec au dénouement, une issue tragi-comique ! Sinon, on envisage juste de diviser l’opposition en vue des cruciales élections législatives en perspective.

Dans la marche d’une nation, il arrive des moments où pouvoir comme opposition ont l’impérieux devoir de respecter le peuple. Oui ! A ce stade de l’évolution du pays et de ses réalités socio politiques actuelles, un dialogue franc, sincère et sérieux n’est souhaitable et faisable qu’au lendemain du 30 Juillet ! C’est le moindre mal et pour cause…

L’emprisonnement de Khalifa Sall,combiné à tous les autres évènements dont nous avons fait cas plus haut en plus de multiples promesses non tenues du pouvoir, ont poussé l’écrasante majorité de l’opposition à faire bloc afin de profiter des prochaines élections législatives pour remporter la majorité des sièges, imposer la cohabitation au régime et mettre la main sur tous les dossiers nébuleux auxquels il faudra absolument apporter la lumière. Après cette mission, rien ne s’opposerait à un dialogue ! Tel est le principal challenge du président Wade qui, depuis sa retraite à Versailles, se démène tant bien que mal pour mener à la confection d’une liste unique et aller à l’assaut de la prochaine assemblée nationale.

A ce propos, les leaders adversaires principaux de Macky, ont tous les atouts pour réussir à asseoir ladite liste mais un immense devoir d’entente quelles que puissent être les sacrifices à consentir au service exclusif de la nation.

En tout état de cause, il faut notons que cette synergie autour de l’essentiel sonne comme une demande sociale et tout acte contraire à ce principe partirait pour décrédibiliser et fragiliser les porte-drapeaux des adversaires du régime.

De ce point de vue, sont directement interpellés entre autres : Khalifa Sall, Malick Gackou, Oumar Sarr, Pape Diop, Idrissa Seck, Aida Mbodj, Abdoulaye Baldé, Mamadou Lamine Diallo, Abdoul Mbaye, Ousmane Sonko, Cheikh Bamba Dieye, Aissata Tall Sall…

Le Sénégal est à un tournant décisif de sa longue tradition démocratique avec un peuple dont la maturité est plus que séculaire. Il s’agit d’aller dans le sens dicté par ce peuple souverain, épris de justice, d’équité et de transparence. Ce peuple, artisan de ses historiques choix pour sa destinée, mérite que son opposition s’unisse pour l’aider à satisfaire ses infinies attentes qu’aucun régime n’a jusque-là réglées. Cela dit, le principal sujet de nos jours, doit tourner autour de cette question incontournable de l’unité de l’opposition significative pour une liste unique, faute de quoi, aucune autre perspective d’avenir de notre nation n’est à mettre au gout  du jour. Les Sénégalais invitent pour ainsi dire, leurs opposants, à la responsabilité.

La répétition étant pédagogique, un dialogue politique ou national dont on ignore autant les contours que la pertinence et l’urgence ne saurait constituer du sérieux dans l’actuel Sénégal. Ce régime a raté le coche. Son objectif d’embastiller, de bâillonner et d’intimider par l’installation de la terreur a échoué. Le cap doit être maintenu par l’opposition afin de stopper les multiples atteintes en seulement 5 ans d’exercice.

L’unique question autour de laquelle il faut rester concentré encore une fois, est la suivante : Quelles sont les stratégies et initiatives les plus pertinentes et les meilleures à même d’amener l’opposition à aller aux prochaines législatives avec une liste commune gagnante et salvatrice pour le vaillant peuple du Sénégal ? De la liste nationale aux listes départementales, chaque leader opposant a un rôle à jouer dans son fief en y occupant les premiers rangs (surtout sur la liste départementale). Avec un tel schéma de départ dans le principe, l’objectif est atteint d’avance ! S’unir ou disparaitre ! Tel doit être le seul mot d’ordre de l’opposition sénégalaise. Il est par conséquent question d’unité et non pas de dialogue dans le contexte où nous nous trouvons.

Aujourd’hui, toute question autour d’un dialogue n’est que diversion ou ‘’tiakhaneries’’ pour reprendre le président Senghor.

 

Mamadou Biguine GUEYE

Responsable Grand Parti

Commune de Fatick

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