Selon une étude du CRDI et de l’IAGU - A Dakar, la violence se féminise - Ligne Directe, site d'informations
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Un montant de 200 millions de francs CFA a été avancé par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) du Canada pour un projet d’étude de la violence qui se féminise chez les jeunes, à Dakar. Le lancement officiel a eu hier, lors d’un atelier.

Dans la capitale sénégalaise, les auteurs des agressions sont de plus en plus jeunes. Ils sont âgés entre 15 et 35 ans, selon un document coproduit par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) et l’Institut africain de gestion urbaine (IAGU). “De même, la criminalité a pris un coup de genre. Si les jeunes filles sont les premières victimes dans les crimes de sang (viol suivi d’assassinat, agressions…), elles sont aussi impliquées, de plus en plus, dans des cas de violences et d’incivilités urbaines (consommation de drogues)”, souligne le document. “La question de la sécurité et de la violence est un enjeu majeur dans les villes africaines, notamment celles sénégalaises. Ce qu’on veut, à travers cette étude, c’est produire des données rigoureuses, scientifiquement valides, qui pourraient éclairer la prise de décision sur les questions relatives à la violence chez les jeunes. Ce sont aussi des recherches participatives qui impliquent les communautés et les associations, de même que les élus locaux”, a expliqué, hier lors du lancement du projet, le Secrétaire exécutif de l’Institut africain de gestion urbaine (IAGU), Oumar Cissé. Appuyé sur le plan scientifique et technique par le CRDI, le projet est financé à hauteur de 200 millions de francs CFA, pour une durée de 3 ans. Pour comprendre le fléau, la commune des HLM et celle de Médina Gounass ont été
choisies comme villes pilotes. Un choix qui s’explique, selon les initiateurs, par le fait que ces zones se présentent, ces dernières années, comme de hauts lieux de la violence. Avec la multiplication des agressions physiques et autres délits, suivis souvent de mort d’hommes. “Certaines analyses ont révélé que ce sont les situations socioéconomiques, l’exclusion des jeunes dans les expressions culturelles, l’aménagement des quartiers etc., qui poussent les jeunes à être violents”, a indiqué M. Cissé. Les résultats attendus sont, hormis la production de données pour les décideurs, le renforcement du leadership, de l’automatisation et de la créativité des jeunes.

Cela, pour qu’ils prennent en charge le développement de mécanismes de négociation ou d’engagement avec les décideurs, tant au niveau local que national. “La violence touche plusieurs aspects et aucun d’entre eux ne doit être sous-estimé. Une des questions du projet, c’est aussi de voir comment utiliser les nouvelles technologies pour prévenir et lutter efficacement contre la violence. Ces communes pilotes sont différentes, sur le plan de l’aménagement. Ce qui nous intéresse, c’est de voir en quoi l’aménagement de ces quartiers contribue à la violence”, a renchéri le Secrétaire exécutif de l’IAGU. Pour sa part, le représentant du maire de Médina Gounass, Malick Sy, a estimé que cette étude peut les aider, en tant que collectivités locales, à réorienter leurs politiques d’intervention au niveau des jeunes.

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