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Manifestations

 

 

Le rassemblement des jeunes de Y’EN A MARRE, le 7 avril dernier est annonciateur d’un nouveau printemps de libertés dans notre pays, porté par la jeunesse enthousiaste et désintéressée, comme cela avait été le cas, le 19 mars 2011 à cette même place de l’Obélisque.

Devant la léthargie d’une Opposition politique plus intéressée par les enjeux électoraux et victime de multiples dissensions futiles en son sein, aussi bien au niveau des Partis qu’à celui des Coalitions, le pouvoir apériste était en bonne voie pour écraser toute velléité de résistance à sa politique répressive et d’instrumentalisation de la Justice.

Il faut se rendre à l’évidence et reconnaître que face aux dérives liberticides du fils spirituel de Wade, notamment, l’arrestation de certains de ses leaders, l’Opposition sénégalaise s’est contentée de pétitions de principe, de résolutions écrites et de réunions à huis clos, reléguant ces affaires au rang de contentieux judiciaires alors qu’elles sont éminemment politiques.

Quelle grave illusion que de ne compter que sur l’éloquence bavarde de certains avocats versatiles ou l’autonomie supposée de procureurs ou de juges d’instruction face au diktat de la raison d’Etat (ou de Parti-État) !

C’est ainsi que négligeant ses tâches de mobilisation populaire pour faire face à l’arbitraire du pouvoir, les partis de l’Opposition semblent être gagnés par une fièvre électoraliste, occupés à monter des Coalitions et à confectionner leurs listes en direction des prochaines élections législatives.

La force du mouvement citoyen, à l’exemple de Y’EN A MARRE, qui leur garantit un atout en termes de crédibilité aux yeux des masses populaires, c’est précisément de s’affranchir de toutes ces contraintes politiciennes et de poser crûment les questions, qui méritent de l’être.

Sous ce rapport, les doléances des rapatriés des USA, l’opacité entourant l’usine de dessalement de l’eau de mer des Mamelles, la problématique de la pollution à Bargny et celle des OGM, le ras-le-bol des licenciés de TVS NECOTRANS, la question foncière, la gestion des ressources minières nationales, le chômage des jeunes…etc. constituent autant d’exemples de problèmes mis sous le boisseau par une classe politique, qui semble si pressée de cohabiter avec le leader d’une dictature en gestation.

Mais que peut-on espérer d’un pouvoir qui persécute ses opposants avant les joutes électorales, pose les jalons d’une fraude programmée et a presque réussi à écarter les candidatures indépendantes des prochaines législatives ?

C’est bien pour cela que l’alerte lancée par Y’EN A MARRE est de la plus haute importance, car il est évident que la démocratisation de la vie publique va bien au-delà des duperies du jeu politique partisan et des mystifications des procédures d’une justice prétendument indépendante !

Mais devant la faillite globale de la classe politique dans sa quasi-totalité, qui privilégie ses intérêts d’appareil au détriment d’une refondation institutionnelle bien comprise telle que préconisée par les Assises Nationales, Y’EN A MARRE doit aller plus loin dans la voie de l’approfondissement de la démocratie dans notre pays.

Il est établi depuis longtemps, que la vie politique dans notre pays est gangrénée par une culture d’accaparement des richesses nationales par les élites au pouvoir au service de l’impérialisme occidental et de prise en otage des Institutions leur garantissant l’impunité et la prolongation, le plus longtemps possible, de leur mainmise sur l’appareil d’État.

C’est dans ce sens que les propositions visant à mettre en place une plateforme en vue de la renaissance des Institutions de la République à travers une mobilisation populaire vigilante est pertinente. Elle devra s’inspirer des conclusions des Assises Nationale et fédérer les forces politiques progressistes regroupées au sein de Sam Li Ñu Bokk, les groupes dissidents des partis de Benno Bokk Yakaar, les mouvements citoyens et de la société civile, les partis issus de l’ancienne majorité libérale et toutes les bonnes volontés désireuses de contribuer au renouveau institutionnel de notre pays.

C’est seulement ainsi qu’au delà d’une hypothétique cohabitation – qui ne saurait être une fin en soi et dont les termes de référence devront être définis et acceptés par toutes parties prenantes – des jalons significatifs seront posés pour un avenir radieux dans notre pays !

NIOXOR TINE

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